6- LA CROIX

 

La croix est certainement, parmi  les objets qui se rattachent à la religion chrétienne, le plus courant et le plus répandu. Tout notre environnement le plus familier, à travers la plus grande partie des pays de notre planète, est ponctué de croix : les clochers des églises, les carrefours et croissements de chemins dans les campagnes, les tombes de nos cimetières, etc., partout nous rencontrons, presque à chaque pas, des croix.

Mais que signifient-elles réellement ? On peut dire que les croix qui surplombent les églises symbolisent l’appartenance de ces églises à la religion chrétienne. Mais ne s’agit-il que d’un symbole ? De nombreux écrits développent l’aspect « symbole » de la croix. On peut lire ou entendre en effet que la croix

On trouve fréquemment la croix comme décor vestimentaire ou corporel. Mais les jolies femmes qui arborent sur leur poitrine une croix en or accrochée à un collier de même métal quel sens religieux accordent-elles à cette croix ? Ne s’agit-il pas la plupart du temps d’un bijou à caractère décoratif, plutôt qu’une affirmation d’appartenance religieuse ?

En tous cas, pour le chrétien il s’agit de tout autre chose : la croix, pour lui, est le rappel de la condamnation et de la mise à mort de celui qui était venu parmi les hommes pour leur dire qu’ils devaient remplacer leur principe de vengeance permanente « œil pour œil, dent pour dent » par une règle nouvelle et révolutionnaire : »aimez-vous les uns les autres, comme mon père vous aime ».

C’est le rappel de cette journée tragique que LUC relate de la manière suivante :

« Pilate, ayant convoqué les grands prêtres, les notables et le peuple leur dit :-Vous m’avez déféré cet homme comme poussant le peuple à la sédition. J’ai instruit l’affaire devant vous, et je ne l’ai trouvé coupable d’aucun des crimes dont vous l’accusez.[..] Vous le voyez, il n’a

rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher, après l’avoir fait flageller. Mais ils se récrièrent en masse : »A mort celui-ci ! Relâche-nous Barrabas ! » Celui-ci avait été emprisonné pour émeute, survenue dans la ville, et pour assassinat. Pilate les interpela de nouveau, dans sa velléité d’élargir Jésus. Mais ils criaient : Crucifie-le, crucifie-le ! Pour la troisième fois il leur dit : »Quel mal a-t-il donc fait ? Je ne trouve en lui aucun motif de mort. Je vais donc le relâcher après l’avoir fait flageller ». Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il fût crucifié et leurs clameurs allaient grandissant. Alors Pilate décida d’accéder à leur demande. Il relâcha celui qui avait été emprisonné pour émeute et assassinat et qu’ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur caprice.

Si symbole il doit y avoir, c’est de voir la complicité générale de tous les acteurs présents, prêtres, politiques, population, pour faire mourir celui qui, pourtant, venait d’être  jugé innocent!

Et LUC poursuit :

Deux autres malfaiteurs étaient emmenés en même temps pour être exécutés avec lui. Une fois arrivés au lieu dit Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Et Jésus dit : »Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ils se partagèrent ses vêtements en les tirant au sort. Et le peuple état là à regarder. Les chefs eux-mêmes le narguaient, disant : il a sauvé les autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Elu ! Les soldats aussi le tournaient en dérision, s’approchant pour lui présenter du vinaigre. « Si tu es le roi des juifsui disaient-ils, sauve-toi toi-même ! » Il avait au-dessus de lui une inscription : Celui-ci est le roi des juifs ».[..] Et Jésus poussa un grand cri, disant : Père, je remets mon esprit entre vos mains. Et ce disant, il expira.

A la vue de ce qui venait de se passer, le Centurion rendit gloire à Dieu, disant : « Vraiment, cet homme était un juste. »

Voilà ce qu’est la croix pour le chrétien : non pas le symbole d’une idée abstraite, mais le rappel de ce fait historique : la mort de Jésus.

Mais il ne s’agit pas de se complaire  dans un rappel triste. Pour le chrétien, la croix est aussi associée à la suite de cet évènement, que LUC nous raconte ainsi :

Le premier jour de la semaine, de grand matin, elles retournèrent au tombeau, avec les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée hors du tombeau ; mais étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles restaient interdites, voici que survinrent deux hommes aux vêtements éblouissants. Les voyant tout effrayées et la tête basse, ils leur dirent : « Pourquoi chercher le vivant parmi les morts ? Il n’est plus ici, il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu’il vous disait, étant encore en Galilée : Il faut que le fils de l’homme soit livré aux mains des pêcheurs, qu’il soit crucifié et qu’il ressuscite le troisième jour ».

La croix, pour le chrétien, est rappel historique de la condamnation et de l’exécution de Jésus. Mais elle est aussi, simultanément, rappel de ce qui s’en est suivi, et qui explique cette mort d’un Dieu : la résurrection de Jésus, qui en est la suite logique et naturelle, par laquelle Jésus, homme parmi les hommes, a démontré qu’il est Dieu. Le christianisme n’est pas la religion d’un Dieu mort, mais celle d’un Dieu vivant, basée sur un évènement inconcevable pour l’esprit humain, au point que même les disciples de Jésus ne purent croire à ce que les femmes leur racontaient avoir vu au tombeau vide : « Ces paroles leur parurent tenir du délire, et ils ne les crurent pas. »[ LUC XXIV 11]

7- LE FEU

 

Pour le chrétien, le feu est avant tout le rappel de la Pentecôte. Certes, Dieu s’était manifesté à diverses reprises par le feu au cours de l’histoire des hommes. Il s’agissait toujours pour lui de montrer au peuple juif son engagement à ses côtés. Et lorsqu’il voulut conclure une alliance avec ce peuple , il le fit, par l’entremise de Moïse, sur la montagne du Sinaï, « qui était toute fumante parce que Yahvé y était descendu sous forme de feu ». (Exode 19/18)

Mais la Pentecôte a un caractère tout particulier pour le chrétien. Que s’est-il passé ce jour là? « Le jour de Pentecôte étant arrivé, (c’est-à-dire  le jour de la fête juive qui se célébrait cinquante jours après la Pâque) ils se trouvaient tous réunis. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme d’un vent violent qui passe et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et ils virent paraitre comme des langues de feu qui se séparèrent pour se poser sur chacun d’eux, et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils se mirent à parler des langues étrangères, selon que l’Esprit le.eur donnait de s’exprimer.

Or parmi les Juifs résidant à Jérusalem, il y avait des hommes pieux, originaires de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se fit entendre, toute une foule accourut, bientôt boule versée de ce que chacun les entendait parler dans  sa propre langue. Hors d’eux-mêmes, ils disaient avec admiration : est-ce que ces gens là qui parlen, t ne sont pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il donc que nous les entendions parler chacun notre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, agie, de la Pamphylie, de l’Egypte de la Lybie Cyrénaïque, Romains de passage, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons tous dans nos langues célébrer les merveilles de Dieu. Ils étaient tous hors d’eux-mêmes, ne sachant que penser, et disant :Qu’est-ce que ceci peut bien être ? Mais d’autres se moquaient, disant qu’ils étaient ivres.

Alors Pierre se présenta avec les Onze ; élevant la voix, il dit :Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, j’ai une chose à vous faire connaître, prêtez l’oreille à mes paroles. Ces gens-ci ne sont pas ivres comme vous le supposez, car nous ne sommes qu’à la troisième heure su jour. Mais ceci est ce qui a été dit par le prophète Joël.

Israélites, écoutés ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, les prodiges, et les signes opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez ; cet homme qui vous a été livré selon le dessein arrêté et la préscience de Dieu, vous l’avez attaché à la croix et fait mourir par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en déliant les liens de la mort.

C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité, nous en sommes tous témoins. Une fois élevé à la droite de Dieu,   et mis par son Père en possession du Saint Esprit, objet de sa promesse, il est l’auteur de ces  effusions que vous êtes en train de voir et d’entendre. ». (Actes des Apôtres II )

Telle est la signification du feu pour le chrétien. Il est le rappel de cet évènement  inouï  qui se déroula en Galilée quelques semaines après la mort et la résurrection de Jésus, suivies de son ascension au ciel, sous les yeux étonnés de ses amis et disciples

CONCLUSION

 

Ainsi les différents signes, images, représentations que les chrétiens utilisent au cours de leurs rituels ne sont en rien des « symboles » au sens de matérialisation de notions abstraites. Ce   sont, bien au contraire, des rappels d’évènements historiques, qui ont véritablement eu lieu, au cours de la vie de Jésus. Ces évènements ont été attestés par écrit par ceux-là même qui les ont vécus en tant que ses compagnons, ses disciples, ou, en ce qui concerne Luc, pour les avoir entendus raconter par ces derniers. Ces récits, ils les ont appelés les Evangiles, c’est-à-dire, les récits de la « Bonne Nouvelle ». Bonne Nouvelle pour l’humanité entière, présente et future, pour toutes les nations, existantes à cette époque et à venir. Ils avaient compris que ce qu’ils avaient vu et vécu était tout à la fois si radicalement nouveau et si profondément révolutionnaire pour les pensées, les mentalités, les comportements des hommes, qu’il était indispensable d’en laisser une trace écrite, afin que le temps ne les efface pas de la mémoire de l’humanité.

L’enseignement qu’il avait dispensé au cours de sa vie publique était tellement nouveau que les foules qui le suivaient et l’écoutaient ne pouvaient s’empêcher d’être « frappées de sa doctrine, car, remarquaient-elles, il enseignait comme ayant autorité, à la différence des scribes ». Et ils se disaient : » D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? ».

Ses disciples eux-mêmes ne le comprenaient pas toujours. Ils se disaient entre eux : » Ces propos sont durs. Qui pourrait les admettre ? »

Et en effet, le message de Jésus est bien difficile à comprendre et à admettre. Ceci parce qu’il nous révèle une vérité inaccessible à la seule raison humaine et qui ne peut être connue que par une révélation divine. Toute sa vie d’ailleurs avait été marquée par des évènements merveilleux : sa naissance, annoncée par des anges, sa vie publique qui a révélé ses pouvoirs extraordinaires sur la maladie, les infirmités, la mort, et surtout sa mort dont il ressuscita, puis son départ de cette terre par son ascension sous les yeux médusés de ses disciples.

 

Son enseignement exprimait déjà toutes nos notions les plus modernes :

 

Séparation du spirituel et du temporel : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », avait-il répondu aux envoyés des pharisiens, qui essayaient de le mettre en défaut. Et Mathieu, qui rapporte ce fait, ajoute en commentaire : » Cette réponse les jeta dans l’admiration, ils le quittèrent et s’en allèrent. »

Liberté : Jamais Jésus n’avait cherché à forcer la main à ceux qui venaient l’interroger. Ainsi du chef de synagogue qui lui demandait ce qu’il devait faire pour avoir la vie éternelle : « Vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, puis viens et suis moi » lui avait-il répondu. Mais c’était là une recommandation trop exigeante pour l’autre, qui devint tout triste. Et Luc ajoute avec humour : « car il était très riche » ! Jésus cependant ne chercha pas à le retenir, respectant sa liberté.

 

Egalité : Jésus s’était toujours adressé à tous ses concitoyens, aux gens simples des foules qui se pressaient autour de lui tout comme aux chefs de la religion juive, aux militaires romains qui occupaient le territoire à cette époque, aux collecteurs d’impôts, aux femmes de petite vertu et à celles qu’il avait guéries des démons qui les avaient possédées. Même ses ennemis lui reconnaissaient cette impartialité : » Maître, nous savons que vous parlez et enseignez en toute droiture et que vous ne faites acception de personne, mais que vous enseignez les voies de Dieu selon la vérité » lui avaient dit, hypocritement, les envoyés des pharisiens venus le mettre dans l’embarras

 

Fraternité : par-dessus tout, son enseignement était fondé sur l’amour : amour de Dieu pour les hommes, amour des hommes pour Dieu et amour des hommes entre eux. Il disait : »

Vous avez entendu qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : aimez vos ennemis ». Et encore : Je vous donne un commandement nouveau, de vous aimer les uns les autres. »

– Solidarité : un jour un docteur de la Loi, constatant qu’il était écrit : » tu aimeras ton prochain comme toi-même » lui avait demandé, pour l’éprouver « Et qui est mon prochain ? » Jésus lui avait répondu par une parabole, comme il le faisait souvent : » Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent. […] Mais un Samaritain en voyage arriva près de lui et, à sa vue, fut rempli de compassion. Il s’approcha, banda ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis, l’ayant hissé sur sa propre monture, il l’amena à un caravansérail où il prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers qu’il donna à l’hôtelier, disant : » Prends soin de lui, et tout le surplus de la dépense, je te le rembourserai à mon retour. » Jésus demanda au docteur de la loi : » Lequel te semble avoir été le prochain de l’homme tombé entre les mains des brigands ? Il répondit : celui qui a eu pitié de lui. Jésus lui dit : » Va, toi aussi, fais de même »

Mais tout ce qu’il nous a enseigné, tout ce qu’il nous a promis, est, aujourd’hui, après 2000 ans, de plus en plus difficile à mettre en pratique et même à croire, tout simplement. Les hommes en général, et les chrétiens en particulier ont si souvent failli à respecter cet enseignement, qu’ils en ont émoussé la force. Reconnaissons aussi que les affirmations de Jésus sont bien souvent difficiles à comprendre et encore plus à pratiquer. Et que ses actes dépassent la logique humaine et sont, pour les hommes, autant de mystères !

 

Il est dès lors tellement commode de qualifier tous ces évènements extraordinaires de légendes. Ce ne sont pas des légendes. Ce sont des faits réels, historiques, mais qui dépassent la raison, des mystères que seule la foi permet d’accepter. Mais la foi elle-même n’est pas une simple disposition de l’esprit humain ! Comme l’a si bien dit le philosophe KIERKEGAARD : la foi est un saut dans l’inconnu.

Ce saut porte en lui sa récompense, qui est l’espérance. Péguy nous l’a dit à sa manière :

»Il faut espérer en Dieu, il faut avoir foi en Dieu, c’est tout un.

Il faut avoir cette foi en Dieu que d’espérer en lui.

Il faut croire en lui, qui est d’espérer ».

 

 


4- LE PAIN

Dans toutes les églises, les tabernacles de tous leurs autels ont un décor représentant un calice surmonté d’une hostie qui est, selon la définition des dictionnaires, un pain azyme que le prêtre consacre pendant la messe. Ici encore, ce pain est rappel d’évènements nombreux survenus dans l’histoire de la relation entre Dieu est les hommes. Déjà à l’époque de Moïse, qui avait réussi à libérer le peuple juif de l’esclavage en Egypte et qui le conduisait à travers le désert, Dieu s’était manifesté en procurant miraculeusement à ces hommes affamés la manne.

Et au début de la vie publique de Jésus, alors que le peuple commençait à le suivre pour l’écouter et pour profiter de ses dons miraculeux, il les avait nourris à partir de seulement cinq pains.

Ecoutons LUC à nouveau :

Il [Jésus] se retira à l’écart, en direction d’une ville dénommée , Bethsaïde. Mais la foule, en ayant eu connaissance, le suivit. Il les accueillit, leur parla du royaume de Dieu et guérit tous ceux qui avaient besoin de l’être. Le jour baissait quand les Douze l’approchèrent pour lui dire : »Renvoyez la foule. Qu’ils aillent dans les villages et la campagne des environs en quête du vivre et du couvert : car ici nous sommes en plein désert ». Il leur dit : Donnez leur vous mêmes à manger.» Ils lui dirent : » Nous n’avons ici en tout que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n’allions nous-mêmes acheter de quoi manger pour tout ce monde. » Car ils étaient bien cinq mille hommes. Il dit à ses disciples : « Faites les asseoir par groupes approximatifs de cinquante.. » Ils obéirent et les firent tous asseoir. Alors, prenant les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donnait aux disciples pour qu’ils les servissent à la foule. Ils mangèrent tous à satiété et on emporta douze couffins de morceaux qui restaient.

Plusieurs années plus tard, alors qu’il se savait proche de sa mort, Jésus avait fait organiser un repas avec ses disciples :

L’heure venue Jésus se mit à table avec ses apôtres. Il leur dit : »J’ai beaucoup désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ; car je vous le dis, je ne la mangerai plus qu’elle ne reçoive sa pleine réalisation dans le royaume de Dieu. » Il prit du pain, rendit  prgrâces,, le rompit et le leur donna, disant : »Prenez, ceci EST mon corps qui va êetre livré pour vous. Refaites ceci en mémoire de moi.» [LUCXXII-19}

 L’hostie que le prêtre consacre durant la messe est le rappel historique de ce repas et des gestes de Jésus. Mais il est bien plus que cela. Le prêtre prononce solennellement les paroles du Christ : « Ceci EST mon corps ». L’hostie consacrée n’est plus simplement un produit de boulangerie. Elle devient le corps du Christ. Pour le chrétien, elle est véritablement le corps du Christ. Et c’est sur la demande expresse de Jésus : « Refaites ceci en mémoire de moi. » que les prêtres, au cours des messes qu’ils célèbrent, prononcent ces paroles qui transforment la substance de l’hostie de simple pain azyme en véritable corps du Christ :

5- LE VIN

 

Le calice qui figure sur les portes des tabernacles rappelle ce qui se passa à la fin de ce repas, après le partage du pain.

Ensuite ,le souper fini, il prit une coupe, disant : »Cette coupe EST la nouvelle alliance en mon sang, qui va être répandu pour vous. Prenez ceci et le partagez entre vous, car, je vous le dis, désormais je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à la venue du royaume de Dieu. » [LUC XXII-20]

C’est tout à fait intentionnellement que le verbe être est ici, pour les deux invocations, celle concernant le vin comme, au paragraphe précédent pour le pain, en caractères gras et majuscules. Il est en effet remarquable que Jésus n’a pas utilisé une expression qui aurait pu exprimer une ressemblance quelconque, de ce pain et de ce vin qu’il tenait en mains, avec son corps et son sang. Le pain (l’hostie de nos jours) de même que le vin dans le calice ne sont pas des images, ni des symboles. Ils sont véritablement le corps et le sang du Christ, devenus tels par la consécration qu’en a faite le prêtre en reprenant les termes mêmes de Jésus, somme ils nous sont rapportés dans les évangiles par les disciples qui étaient présents lors de ce dernier repas de Jésus.

Il est tout aussi remarquable que Jésus se soit exprimé en ces deux occasions à l’indicatif présent (et non pas, par exemple, au futur). Il marquait ainsi la permanence dans la durée qu’il entendait donner à ses recommandations.

  • 3 La colombe

 

La Bible, dans con ancien testament, nous rapporte le rôle joué par la colombe à la fin du déluge :  Envoyée en éclaireur pour inspecter l’état de la terre après quarante jours de pluie, elle était  revenue avec un rameau d’olivier dans son bec.

La colombe s’est manifestée, d’une manière encore plus mystérieuse, au moment du baptême de Jésus : « En ces jours l Jésus vint de Nazareth de Galilée et Jean le baptisa dans l’eau du Jourdain. Juste au moment où il remontait de l’eau, Jésus vit le ciel s’ouvrir, et l’Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombre. Et une voix partit du ciel :Vous êtes mon Fils bien-aimé, en vous je prends mes complaisances.» [MARC I- 9-11]

Pour le chrétien comme pour le commun des mortels, la colombe est le symbole de la paix. Mais, pour le chrétien, la colombe évoque bien autre chose qu’un simple symbole : le rappel de faits historiques réels et attestés par ceux qui les ont vécus.

L’eau a été aussi l’occasion pour Jésus de se manifester, au tout début de sa vie publique, par son premier miracle. C’est Jean qui nous rapporte cet évènement au début de son évangile : »Le troisième jour, il y avait une noce à CANA de Galilée et la mère de Jésus s’y trouvait. Jésus aussi était invité au repas nuptial avec ses disciples. Comme le vin allait manquer, sa mère dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Qu’y pouvons nous , vous et moi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux servants :Faites tout ce qu’il vous dira. Il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications de juifs, contenant chacune deux ou tris mesures. Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces jarres. Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit encore, puisez maintenant et portez au chef de service. Ce qu’ils firent. Quand le chef de service eut goûté l’eau changée en vin, -il en ignorait la provenance, mais les servants la connaissaient pour avoir puisé l’eau- le chef de service interpela le marié et lui dit : Tout le monde sert le bon vin au début ; puis, quand on a bien bu, le moins bon ; tandis que toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent !

Et Jean de commenter : Tel fut le premier miracle de Jésus qu’il accomplit à Cana de Galilée : il manifesta ainsi sa gloire et ses disciples crurent en lui [JEAN II-1-11].

On comprend ainsi combien l’eau est, pour le chrétien, loin d’un simple symbole abstrait. C’est pourquoi l’eau est utilisée dans de nombreuses circonstances, et tout particulièrement pour le sacrement, du baptême, cérémonie qui marque l’entrée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne.

 

 

LE VRAI SENS DES SYMBOLES CHRETIENS

2- L’EAU      

 Tout le monde se souvient du déluge dont nous parle la Bible et de l’injonction qui avait été faite à Noé de construire un navire pour s’y embarquer lui, les siens et un couple de chaque espèce animale qui se trouvait sur terre. Les pluies ayant cessé, Noè envoya une colombe pour savoir si les eaux s’étaient retirées de la surface de la terre. Et la colombe revint tenant un rameau d’olivier dans son bec. Ainsi les passagers du bateau de Noé comprirent-ils qu’ils pouvaient enfin débarquer. Dès l’époque biblique donc l’eau a joué un rôle primordial dans l’histoire des hommes.

Rappelons également l’évènement étonnant qui se produisit lors de la sortie d’Egypte des juifs après leur période d’esclavage dans le royaume de Pharaon et sous la conduite de Moïse. Alors qu’ils étaient au bord de la mer rouge, se demandant comment ils allaient pouvoir la traverser pour échapper aux soldats égyptiens qui étaient sur le point de les rattraper, » il y eut un grand vent, dit la Bible, et les eaux se séparèrent en deux laissant un passage pour le peuple en fuite. Et dès qu’ils eurent tous traversé, les eaux se refermèrent, engloutissant les soldats de Pharaon ». C’est là à l’évidence un évènement qui ne peut être oublié, ni par ceux qui l’ont vécu, ni par leurs descendants, de siècle en siècle jusqu’à nos jours.

Et puis il y a eu, bien longtemps plus tard, un juif, dénommé Jean, qui se mit à baptiser ses contemporains dans l’eau du Jourdain. LUC rapporte ces faits avec un luxe de détails historiques : « La quinzième année du règne de Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode tétrarque de la Galilée ; Philippe son frère, tétrarque de l’Iturée et de la Trachonitide et Lysanias tétrarque de de l’Abilène, sous le pontificat d’Anne et de Caïphe, la parole de Dieu se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il parcourut toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, selon qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe.[…] Aux  foules qui venaient recevoir le baptême de ses mains il disait : »Engeance de vipères, qui vous a enseigné à fuir la colère qui  vient ? Faites donc de dignes fruits de pénitence. Les foules lui demandaient : que devons-nous donc faire ? Il leur répondait : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même ! Il vint aussi de publicains [c’est-à-dire des collecteurs d’impôts] pour se faire baptiser, et ils lui dirent :Maître, que faut-il que nous fassions ? Il leur répondit : N’exigez rien au-delà de votre tarif. Des soldats à leur tout l’interrogeaient : Et nous, qu’avons-nous à faire ? Il leur dit : Abstenez vous de sévices et de fausses dénonciations, contentez-vous de votre solde.» [LUC III-1-14]

L’eau a été aussi l’occasion pour Jésus de se manifester, au tout début de sa vie publique, par son premier miracle. C’est Jean qui nous rapporte cet évènement au début de son évangile : »Le troisième jour, il y avait une noce à CANA de Galilée et la mère de Jésus s’y trouvait. Jésus aussi était invité au repas nuptial avec ses disciples. Comme le vin allait manquer, sa mère dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Qu’y pouvons nous , vous et moi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux servants :Faites tout ce qu’il vous dira. Il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications de juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces jarres. Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit encore, puisez maintenant et portez au chef de service. Ce qu’ils firent. Quand le chef de service eut goûté l’eau changée en vin, -il en ignorait la provenance, mais les servants la connaissaient pour avoir puisé l’eau- le chef de service interpela le marié et lui dit : Tout le monde sert le bon vin au début ; puis, quand on a bien bu, le moins bon ; tandis que toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent !

Et Jean de commenter : Tel fut le premier miracle de Jésus qu’il accomplit à Cana de Galilée : il manifesta ainsi sa gloire et ses disciples crurent en lui [JEAN II-1-11].

On comprend ainsi combien l’eau est, pour le chrétien, loin d’un simple symbole abstrait. C’est pourquoi l’eau est utilisée dans de nombreuses circonstances, et tout particulièrement pour le sacrement, du baptême, cérémonie qui marque l’entrée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne.

INTRODUCTION : LES SYMBOLES

LES SYMBOLES EN GENERAL

Les symboles ont, de tous temps, dans toutes les civilisations,  depuis les plus primitives, les plus anciennes, jusqu’à nos jours, été utilisés par les êtres humains pour rendre concrets, pour matérialiser, des notions abstraites ou des concepts. C’est ainsi qu’ils ont attribué, à des notions aussi abstraites que celles de « patrie » ou de « paix » des symboles qui les rendent plus concrètes, celui du drapeau dans le premier cas, celui de la colombe dans le deuxième cas.

Une fois établis, et acceptés, les symboles deviennent des signes de reconnaissance, de ralliement, autour des notions abstraites qu’ils entendent concrétiser. Cela est particulièrement évident pour le drapeau, autour duquel se rassemblent les hommes qui se sent membres de la même patrie.

Le symbole prend alors sa signification originale, celle que donnaient les anciens, grecs et latins, au terme symbole. Pour eux, le  » sumbolon « ), consistait en un objet (image ou tablette par exemple) que l’on cassait pour le partager entre deux personnes, afin de leur servir de signe de reconnaissance : lors de leur rencontre, en d’autres temps ou en d’autres lieux, le rapprochement de la partie dont chacun disposait permettait de s’assurer de manière certaine que chacun est bien la personne recherchée ou attendue.

LES SYMBOLES DANS LE CHRISTIANISME :

Le christianisme en général et les chrétiens en particulier, utilisent couramment de nombreux objets, signes ou êtres animés. Et il est courant de parler de symboles, des » symboles du christianisme ».

N’y a-t-il pas là erreur de langage ? Ne s’agit-il pas d’une confusion dans l’usage du terme symbole ? Celui-ci n’est-il pas mis, dans le langage courant,  à toutes les sauces, utilisé à tort et à travers ? Car, on peut dire que, dans le christianisme, il n’y a pas de symboles, du moins pas dans le sens où on l’entend généralement : les images et les emblèmes utilisés ne sont pas destinés à matérialiser des concepts intellectuels ou des notions abstraites. Ils sont le rappel de faits historiques réels qui ont marqué la vie humaine de Jésus ou qui se sont produits au cours des temps bibliques qui ont précédé sa venue sur terre et qui sont relatés dans les différents livres de l’Ancien Testament. Le problème est que ces évènements se sont produits il y a maintenant plus de deux mille ans, et que les hommes ont une propension à remettre en cause la réalité du passé, surtout lorsque celui-ci les gêne dans leurs comportements quotidiens. Il n’y a là rien de bien nouveau et il suffit de rappeler ici ce que LUC, disciple de Jésus, puis apôtre et rédacteur de l’un des évangiles a écrit en prologue à son évangile : « Puisque beaucoup d’autres ont entrepris de raconter les faits accomplis parmi nous, d’après les traditions de ceux qui , dès le début, furent témoins oculaires et ministres de la parole, j’ai cru bon, moi aussi, qui ai mené sur toutes ces  choses une longue et minutieuse enquête, de t’en écrire l’histoire suivie, excellent Théophile, pour te permettre de vérifier la sûreté des renseignements que tu as reçus. ». Faisons donc confiance à ceux qui ont vu et qui ont témoigné de ce qu’il ont vu et vécu, pour comprendre combien les images et les signes chrétiens se rattachent à ces faits historiques

1 LE POISSON

Avec le poisson nous avons un véritable symbole au sens premier du terme, c’est-à-dire une image servant de signe de reconnaissance et de ralliement. Il a été utilisé par les premiers chrétiens qui, à l’ère romaine, faisaient l’objet de persécutions et d’interdictions de rassemblement et d’assemblée. De ce fait ils se retrouvaient dans les catacombes à l’extérieur de ROME et, pour marquer le trajet d’accès à leurs lieux de réunion, ils dessinaient sur le chemin, comme le font encore de nos jours les enfants pour un jeu de piste, un poisson stylisé. Pourquoi un poisson stylisé ? Tout d’abord parce qu’un tel dessin est très facile à réaliser : deux simples coups de crayon, de craie ou de peinture suffisaient. Car, on s’en doute, il fallait faire vite pour ne pas se faire prendre.

Mais, plus fondamentalement, poisson se dit en grec : ICHTUS, et les lettres de ce mot ont été utilisées dans le sens : Iesous CHristos THeou Uios Sauter, c’est-à-dire : Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.

De nos jours ce signe n’est quasiment plus utilisé, en tous cas pas comme signe de ralliement secret. Si le poisson est encore usité, c’est parce qu’il se réfère aussi à des évènements importants de la vie du Christ.

Tout d’abord on se souvient que lorsqu’il a nourri la foule dans le désert, comme relaté au paragraphe consacré au pain, ci-dessus, ses disciples ont partagé le pain, mais aussi deux poissons dont ils disposaient. Et ils ont pu nourrir, nous dit Luc, toutes les personnes présentes, estimées, selon Luc à plus de cinq mille personnes. Et Jean, relatant lui aussi cette scène extraordinaire, donne ce commentaire : « A la vue du prodige accompli, ces gens-là s’écrièrent : Celui-là est vraiment le Prophète qui doit venir en ce monde. Mais Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever et le proclamer roi, se retira de nouveau seul sur la montagne. [JEAN VI-14-15]

On comprend qu’un tel prodige ait pu marquer les esprits au point qu’il n’a jamais été oublié par les chrétiens, jusqu’à nos jours.

Le poisson fut l’occasion de deux autres prodiges de Jésus. Le premier eut lieu dès le début de sa vie publique. Voici comment LUC nous le raconte : »Tandis que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il se tenait lui-même sur le bord du lac de Génésareth. Il aperçut deux barques amarrées au rivage. Les pêcheurs en étaient descendus pour laver les filets. Jésus mont dans l’une de ces barques qui était à Simon, en le priant de s’éloigner un peu de la rive ; il s’assit et, de la  barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : gagnez le large et jetez vos filets pour la pêche. Pierre lui répondit :Maître, nous avons travaillé toute la nuit pour ne rien prendre ; mais, sur votre parole, je jetterai les filets. Cela fait, ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se rompaient. Alors ils firent signe à leurs associés de l’autre barque de venir les aider ; ils vinrent et ils remplirent tellement les deux barques qu’elle enfonçaient. A cette vue, Simon Pierre se jeta aux pieds de Jésus en disant : Eloignez vous de moi, Seigneur, car je suis un pêcheur ! C’est qu’il était qu’il était saisi de stupeur, lui et ses compagnons , à cause de cette pêche des poissons qu’ils venaient de prendre. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, qui étaient les associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : N’aie pas peur, dorénavant tu seras pêcheur d’hommes. » Ayant tiré la barque sur le rivage, ils quittèrent tout pour le suivre » .[LUC V-1-11]

Ceci avait permis à Jésus de se faire connaitre de ces hommes et d’en faire ses disciples. Il reproduisit ce prodige bien plus tard, après sa résurrection, pour, à nouveau, se faire reconnaitre par ces mêmes disciples qui pensaient ne plus le revoir. C’est Jean qui nous rapporte cette deuxième pêche miraculeuse. »Au petit jour, Jésus se montra sur le rivage. Mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit :Garçons, avez-vous pris quelque chose ?:Non, répondirent-ils. Il leur dit :Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez. Ils le firent, et ils ne pouvaient plus ramener le filet, tellement il y avait de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :C’est le Seigneur ! Simon Pierre, entendant que c’était le Seigneur, se passa un vêtement à la ceinture, car il était nu, et se jeta à la mer. Les autres disciples arrivèrent en barque, car ils n’étaient qu’à quelque deux cents coudées du rivge et ils trainaient le filet rempli de poissons. Descendus à terre, ils aperçurent là un feu de braise avec du poisson dessus et du pain ; Jésus leur dit : apportez du poisson que vous venez de prendre. Simon Pierre remonta alors en barque et il tira à terre le filet contenant cent cinquante trois grands poissons. Cependant, malgré cette quantité, le filet ne se rompit pas. Jésus leur dit : venez déjeuner. Aucun des disciples n’osait lui demander qui il était, sachant bien que c’était le Seigneur. Jésus alla prendre le pain et le leur donna, ainsi que le poisson. Telle fut la troisième manifestation de Jésus à ses disciples, après sa résurrection des morts. » JEAN [XXI-4-14]

Telle est la signification du poisson pour le chrétien. Non pas un symbole abstrait, mais un rappel de ces évènements dont le prodigieux les rend inoubliables.