LE VRAI SENS DES SYMBOLES CHRETIENS

2- L’EAU      

 Tout le monde se souvient du déluge dont nous parle la Bible et de l’injonction qui avait été faite à Noé de construire un navire pour s’y embarquer lui, les siens et un couple de chaque espèce animale qui se trouvait sur terre. Les pluies ayant cessé, Noè envoya une colombe pour savoir si les eaux s’étaient retirées de la surface de la terre. Et la colombe revint tenant un rameau d’olivier dans son bec. Ainsi les passagers du bateau de Noé comprirent-ils qu’ils pouvaient enfin débarquer. Dès l’époque biblique donc l’eau a joué un rôle primordial dans l’histoire des hommes.

Rappelons également l’évènement étonnant qui se produisit lors de la sortie d’Egypte des juifs après leur période d’esclavage dans le royaume de Pharaon et sous la conduite de Moïse. Alors qu’ils étaient au bord de la mer rouge, se demandant comment ils allaient pouvoir la traverser pour échapper aux soldats égyptiens qui étaient sur le point de les rattraper, » il y eut un grand vent, dit la Bible, et les eaux se séparèrent en deux laissant un passage pour le peuple en fuite. Et dès qu’ils eurent tous traversé, les eaux se refermèrent, engloutissant les soldats de Pharaon ». C’est là à l’évidence un évènement qui ne peut être oublié, ni par ceux qui l’ont vécu, ni par leurs descendants, de siècle en siècle jusqu’à nos jours.

Et puis il y a eu, bien longtemps plus tard, un juif, dénommé Jean, qui se mit à baptiser ses contemporains dans l’eau du Jourdain. LUC rapporte ces faits avec un luxe de détails historiques : « La quinzième année du règne de Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode tétrarque de la Galilée ; Philippe son frère, tétrarque de l’Iturée et de la Trachonitide et Lysanias tétrarque de de l’Abilène, sous le pontificat d’Anne et de Caïphe, la parole de Dieu se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il parcourut toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, selon qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe.[…] Aux  foules qui venaient recevoir le baptême de ses mains il disait : »Engeance de vipères, qui vous a enseigné à fuir la colère qui  vient ? Faites donc de dignes fruits de pénitence. Les foules lui demandaient : que devons-nous donc faire ? Il leur répondait : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même ! Il vint aussi de publicains [c’est-à-dire des collecteurs d’impôts] pour se faire baptiser, et ils lui dirent :Maître, que faut-il que nous fassions ? Il leur répondit : N’exigez rien au-delà de votre tarif. Des soldats à leur tout l’interrogeaient : Et nous, qu’avons-nous à faire ? Il leur dit : Abstenez vous de sévices et de fausses dénonciations, contentez-vous de votre solde.» [LUC III-1-14]

L’eau a été aussi l’occasion pour Jésus de se manifester, au tout début de sa vie publique, par son premier miracle. C’est Jean qui nous rapporte cet évènement au début de son évangile : »Le troisième jour, il y avait une noce à CANA de Galilée et la mère de Jésus s’y trouvait. Jésus aussi était invité au repas nuptial avec ses disciples. Comme le vin allait manquer, sa mère dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Qu’y pouvons nous , vous et moi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux servants :Faites tout ce qu’il vous dira. Il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications de juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces jarres. Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit encore, puisez maintenant et portez au chef de service. Ce qu’ils firent. Quand le chef de service eut goûté l’eau changée en vin, -il en ignorait la provenance, mais les servants la connaissaient pour avoir puisé l’eau- le chef de service interpela le marié et lui dit : Tout le monde sert le bon vin au début ; puis, quand on a bien bu, le moins bon ; tandis que toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent !

Et Jean de commenter : Tel fut le premier miracle de Jésus qu’il accomplit à Cana de Galilée : il manifesta ainsi sa gloire et ses disciples crurent en lui [JEAN II-1-11].

On comprend ainsi combien l’eau est, pour le chrétien, loin d’un simple symbole abstrait. C’est pourquoi l’eau est utilisée dans de nombreuses circonstances, et tout particulièrement pour le sacrement, du baptême, cérémonie qui marque l’entrée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne.

INTRODUCTION : LES SYMBOLES

LES SYMBOLES EN GENERAL

Les symboles ont, de tous temps, dans toutes les civilisations,  depuis les plus primitives, les plus anciennes, jusqu’à nos jours, été utilisés par les êtres humains pour rendre concrets, pour matérialiser, des notions abstraites ou des concepts. C’est ainsi qu’ils ont attribué, à des notions aussi abstraites que celles de « patrie » ou de « paix » des symboles qui les rendent plus concrètes, celui du drapeau dans le premier cas, celui de la colombe dans le deuxième cas.

Une fois établis, et acceptés, les symboles deviennent des signes de reconnaissance, de ralliement, autour des notions abstraites qu’ils entendent concrétiser. Cela est particulièrement évident pour le drapeau, autour duquel se rassemblent les hommes qui se sent membres de la même patrie.

Le symbole prend alors sa signification originale, celle que donnaient les anciens, grecs et latins, au terme symbole. Pour eux, le  » sumbolon « ), consistait en un objet (image ou tablette par exemple) que l’on cassait pour le partager entre deux personnes, afin de leur servir de signe de reconnaissance : lors de leur rencontre, en d’autres temps ou en d’autres lieux, le rapprochement de la partie dont chacun disposait permettait de s’assurer de manière certaine que chacun est bien la personne recherchée ou attendue.

LES SYMBOLES DANS LE CHRISTIANISME :

Le christianisme en général et les chrétiens en particulier, utilisent couramment de nombreux objets, signes ou êtres animés. Et il est courant de parler de symboles, des » symboles du christianisme ».

N’y a-t-il pas là erreur de langage ? Ne s’agit-il pas d’une confusion dans l’usage du terme symbole ? Celui-ci n’est-il pas mis, dans le langage courant,  à toutes les sauces, utilisé à tort et à travers ? Car, on peut dire que, dans le christianisme, il n’y a pas de symboles, du moins pas dans le sens où on l’entend généralement : les images et les emblèmes utilisés ne sont pas destinés à matérialiser des concepts intellectuels ou des notions abstraites. Ils sont le rappel de faits historiques réels qui ont marqué la vie humaine de Jésus ou qui se sont produits au cours des temps bibliques qui ont précédé sa venue sur terre et qui sont relatés dans les différents livres de l’Ancien Testament. Le problème est que ces évènements se sont produits il y a maintenant plus de deux mille ans, et que les hommes ont une propension à remettre en cause la réalité du passé, surtout lorsque celui-ci les gêne dans leurs comportements quotidiens. Il n’y a là rien de bien nouveau et il suffit de rappeler ici ce que LUC, disciple de Jésus, puis apôtre et rédacteur de l’un des évangiles a écrit en prologue à son évangile : « Puisque beaucoup d’autres ont entrepris de raconter les faits accomplis parmi nous, d’après les traditions de ceux qui , dès le début, furent témoins oculaires et ministres de la parole, j’ai cru bon, moi aussi, qui ai mené sur toutes ces  choses une longue et minutieuse enquête, de t’en écrire l’histoire suivie, excellent Théophile, pour te permettre de vérifier la sûreté des renseignements que tu as reçus. ». Faisons donc confiance à ceux qui ont vu et qui ont témoigné de ce qu’il ont vu et vécu, pour comprendre combien les images et les signes chrétiens se rattachent à ces faits historiques

 

LE POISSON

 

Avec le poisson nous avons un véritable symbole au sens premier du terme, c’est-à-dire une image servant de signe de reconnaissance et de ralliement. Il a été utilisé par les premiers chrétiens qui, à l’ère romaine, faisaient l’objet de persécutions et d’interdictions de rassemblement et d’assemblée. De ce fait ils se retrouvaient dans les catacombes à l’extérieur de ROME et, pour marquer le trajet d’accès à leurs lieux de réunion, ils dessinaient sur le chemin, comme le font encore de nos jours les enfants pour un jeu de piste, un poisson stylisé. Pourquoi un poisson stylisé ? Tout d’abord parce qu’un tel dessin est très facile à réaliser : deux simples coups de crayon, de craie ou de peinture suffisaient. Car, on s’en doute, il fallait faire vite pour ne pas se faire prendre.

Mais, plus fondamentalement, poisson se dit en grec : ICHTUS, et les lettres de ce mot ont été utilisées dans le sens : Iesous CHristos THeou Uios Sauter, c’est-à-dire : Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.

De nos jours ce signe n’est quasiment plus utilisé, en tous cas pas comme signe de ralliement secret. Si le poisson est encore usité, c’est parce qu’il se réfère aussi à des évènements importants de la vie du Christ.

Tout d’abord on se souvient que lorsqu’il a nourri la foule dans le désert, comme relaté au paragraphe consacré au pain, ci-dessus, ses disciples ont partagé le pain, mais aussi deux poissons dont ils disposaient. Et ils ont pu nourrir, nous dit Luc, toutes les personnes présentes, estimées, selon Luc à plus de cinq mille personnes. Et Jean, relatant lui aussi cette scène extraordinaire, donne ce commentaire : « A la vue du prodige accompli, ces gens-là s’écrièrent : Celui-là est vraiment le Prophète qui doit venir en ce monde. Mais Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever et le proclamer roi, se retira de nouveau seul sur la montagne. [JEAN VI-14-15]

On comprend qu’un tel prodige ait pu marquer les esprits au point qu’il n’a jamais été oublié par les chrétiens, jusqu’à nos jours.

Le poisson fut l’occasion de deux autres prodiges de Jésus. Le premier eut lieu dès le début de sa vie publique. Voici comment LUC nous le raconte : »Tandis que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il se tenait lui-même sur le bord du lac de Génésareth. Il aperçut deux barques amarrées au rivage. Les pêcheurs en étaient descendus pour laver les filets. Jésus mont dans l’une de ces barques qui était à Simon, en le priant de s’éloigner un peu de la rive ; il s’assit et, de la  barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : gagnez le large et jetez vos filets pour la pêche. Pierre lui répondit :Maître, nous avons travaillé toute la nuit pour ne rien prendre ; mais, sur votre parole, je jetterai les filets. Cela fait, ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se rompaient. Alors ils firent signe à leurs associés de l’autre barque de venir les aider ; ils vinrent et ils remplirent tellement les deux barques qu’elle enfonçaient. A cette vue, Simon Pierre se jeta aux pieds de Jésus en disant : Eloignez vous de moi, Seigneur, car je suis un pêcheur ! C’est qu’il était qu’il était saisi de stupeur, lui et ses compagnons , à cause de cette pêche des poissons qu’ils venaient de prendre. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, qui étaient les associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : N’aie pas peur, dorénavant tu seras pêcheur d’hommes. » Ayant tiré la barque sur le rivage, ils quittèrent tout pour le suivre » .[LUC V-1-11]

 

Ceci avait permis à Jésus de se faire connaitre de ces hommes et d’en faire ses disciples. Il reproduisit ce prodige bien plus tard, après sa résurrection, pour, à nouveau, se faire reconnaitre par ces mêmes disciples qui pensaient ne plus le revoir. C’est Jean qui nous rapporte cette deuxième pêche miraculeuse. »Au petit jour, Jésus se montra sur le rivage. Mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit :Garçons, avez-vous pris quelque chose ?:Non, répondirent-ils. Il leur dit :Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez. Ils le firent, et ils ne pouvaient plus ramener le filet, tellement il y avait de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :C’est le Seigneur ! Simon Pierre, entendant que c’était le Seigneur, se passa un vêtement à la ceinture, car il était nu, et se jeta à la mer. Les autres disciples arrivèrent en barque, car ils n’étaient qu’à quelque deux cents coudées du rivge et ils trainaient le filet rempli de poissons. Descendus à terre, ils aperçurent là un feu de braise avec du poisson dessus et du pain ; Jésus leur dit : apportez du poisson que vous venez de prendre. Simon Pierre remonta alors en barque et il tira à terre le filet contenant cent cinquante trois grands poissons. Cependant, malgré cette quantité, le filet ne se rompit pas. Jésus leur dit : venez déjeuner. Aucun des disciples n’osait lui demander qui il était, sachant bien que c’était le Seigneur. Jésus alla prendre le pain et le leur donna, ainsi que le poisson. Telle fut la troisième manifestation de Jésus à ses disciples, après sa résurrection des morts. » JEAN [XXI-4-14]

Telle est la signification du poisson pour le chrétien. Non pas un symbole abstrait, mais un rappel de ces évènements dont le prodigieux les rend inoubliables.